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Charles Delogne (Ambassade de Belgique) : La Belgique et le Luxembourg, un siècle de partenariat

Charles Delogne (Ambassade de Belgique) : La Belgique et le Luxembourg, un siècle de partenariat

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Charles Delogne, ambassadeur de Belgique au Luxembourg, évoque les relations bilatérales, la coopération en matière d'énergie et les opportunités que l'IA et l'innovation représentent pour les deux pays.

Pouvez-vous décrire les relations économiques et culturelles entre la Belgique et le Luxembourg ?

Ma première journée au Luxembourg remonte à cinquante ans, alors que, enfant, j’accompagnais mes parents pour découvrir le lac situé près du barrage sur la Sûre. Ce lien personnel teinte la façon dont je vis cette affectation. Bon nombre de mes prédécesseurs partageaient cette même familiarité, et je pense que cela reflète quelque chose de réel concernant le lien qui unit nos deux pays. Sur le plan opérationnel, environ 80 % de mon personnel s’occupe des affaires consulaires. Une communauté d’environ 25 000 Belges vit ici, et ces personnes ont besoin d’une gamme complète de services consulaires. Au-delà de cela, la coopération bilatérale s’étend à de nombreux secteurs, même si les ministères travaillent souvent directement avec leurs homologues, ce qui est tout à fait normal pour une petite ambassade. Ce qui me frappe le plus, c’est la profondeur des fondements historiques. Après le référendum de 1919, et à l’issue de deux années d’incertitude, l’union économique et commerciale belgo-luxembourgeoise a été forgée en 1921. Cet accord a établi un territoire douanier unique, aboli les frontières intérieures et introduit une monnaie unique. Il s’agissait, à tous les égards, du précurseur de l’Union européenne. Ce sont des visionnaires qui ont construit ce cadre. Le Benelux est alors devenu la deuxième étape majeure, servant de laboratoire de coopération que le reste de l’Europe allait finalement suivre.

Voyez-vous des opportunités de collaboration entre la Belgique et le Luxembourg dans les domaines de l’énergie et de l’intelligence artificielle ?

Le Luxembourg importe 79 % de son électricité, principalement d’Allemagne et en partie de Belgique, ce qui fait de l’énergie un enjeu véritablement stratégique. La Belgique prévoit de relancer une partie de son secteur nucléaire, sans pour autant en faire la source d’énergie dominante. L’objectif est un mix énergétique combinant une certaine capacité nucléaire et des sources vertes. Les parcs éoliens offshore en mer du Nord offrent déjà des opportunités intéressantes, non seulement pour la Belgique, mais aussi pour les pays voisins. La plupart des pays européens sont déjà interconnectés en matière d’électricité, les flux circulant dans les deux sens en fonction des conditions. Cette solidarité existe, mais les prix de l’énergie restent inégaux d’un pays à l’autre, ce qui constitue toujours un véritable problème. La Belgique et le Luxembourg travaillent également à l’extension des interconnexions pour le gaz, le transport de CO₂ et l’hydrogène. En matière d’intelligence artificielle, l’appétit des grands acteurs mondiaux pour l’implantation de centres de données en Europe est énorme. La Belgique a déjà attiré des investissements significatifs près de Namur. Une offre coordonnée de la Belgique et du Luxembourg, abordant l’approvisionnement en électricité, les puces électroniques, la sécurité et la résilience dans un seul et même package régional, pourrait s’avérer véritablement convaincante. C’est un sujet que les gouvernements et l’ensemble du monde des affaires doivent examiner sérieusement.

« Cette union économique et commerciale a été décidée par de véritables visionnaires. »

Quel rôle la Belgique et le Luxembourg peuvent-ils jouer ensemble pour dynamiser l'entrepreneuriat et l'économie réelle ?

La Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg partagent une caractéristique déterminante : ce sont trois petits pays dépourvus de ressources naturelles et de frontières naturelles, contraints d’importer, de transformer et d’exporter en créant une valeur ajoutée maximale. Cette contrainte fait de l’innovation une nécessité vitale, et non une option. Si l’on examine les classements mondiaux, les pays du Benelux affichent systématiquement de bons résultats en matière d’innovation, précisément parce qu’ils n’ont pas d’autre choix. Les deux gouvernements doivent veiller à ce que les conditions et les incitations appropriées soient en place pour aider les start-ups à devenir des entreprises prospères. Étant en poste au Luxembourg depuis près de deux ans, je constate à quel point l’écosystème local est bien organisé pour encourager les nouvelles entreprises et les accompagner vers la réussite. Toutes les start-ups ne réussissent pas, bien sûr, mais ce sont les réussites qui comptent. Alors que la France et l’Allemagne affichent une tendance croissante au repli sur elles-mêmes, la nécessité pour la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg d’agir collectivement n’a jamais été aussi forte.

ANDY

andyaluxembourg.com
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