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Gérard Thein & Paul Ernster (FJD) : Rester ouverts pour rester nous-mêmes

Gérard Thein & Paul Ernster (FJD) : Rester ouverts pour rester nous-mêmes

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Gérard Thein & Paul Ernster (FJD) : Rester ouverts pour rester nous-mêmes

Gérard Thein, président, et Paul Ernster, secrétaire général de la fédération des jeunes dirigeants (FJD), évoquent l'évolution de la fédération, son ouverture internationale et sa vision pour le Luxembourg. Interview.

Pouvez-vous présenter la FJD en quelques mots ?

La Fédération des Jeunes Dirigeants luxembourgeoise rassemble des dirigeants d'entreprise de tous secteurs et de toutes tailles, depuis une structure de cinq personnes jusqu'à une société de 2 000 collaborateurs, du sud au nord du pays. Nos membres viennent d'entreprises familiales, de PME, de grands groupes et de cabinets de conseil. Aujourd'hui, nous comptons environ 300 membres actifs de moins de 45 ans et plus de 300 membres seniors au-delà de 45 ans, soit un peu plus de 600 au total. L'an prochain, nous célébrons les 50 ans de la fédération, fondée par Victor Kneip et un groupe de dirigeants désireux de réunir les meilleurs entrepreneurs du Luxembourg. L'ADN demeure inchangé : développer le réseau et apprendre à se connaître de manière proche. Le Luxembourg fonctionne ainsi. Nous comptons de nombreuses fédérations et nous nous rendons souvent partout, mais ici nous évoluons dans un espace fermé permettant de parler véritablement des problèmes de nos entreprises, de la société économique, de ce pays et de l'Europe. Au-delà des questions d'entreprise, nous échangeons sur les problématiques de ressources, financières et de charges administratives. Voilà le lieu où les dirigeants se sentent porteurs du même ADN.

Qu'en est-il des membres internationaux et des langues ?

Jusque dans les années 2000, la FJD restait très luxembourgeoise. Aujourd'hui, notre site, FJD.lu, existe déjà en anglais, et le formulaire d'adhésion s'ouvre à tous. Des membres internationaux, francophones et anglophones, nous rejoignent. Tous les grands événements, conférences et l'Assemblée Générale bénéficient désormais d'une traduction en français ou en anglais afin de permettre aux membres non luxembourgeois de suivre les sujets principaux et de se sentir intégrés. Il y a deux semaines, nous avons mis à jour l'intranet pour laisser les membres choisir leur langue. Auparavant, notre groupe WhatsApp fonctionnait en luxembourgeois, excluant ceux ne sachant pas le lire. Désormais, nous nous adaptons : pour un membre venu de Belgique, le français devient plus simple. Notre dimension internationale reste insuffisante, mais à l'image de beaucoup de fédérations, nous devons évoluer. Les expatriés et dirigeants internationaux installés au Luxembourg font partie intégrante de notre économie, et nous souhaitons les accueillir. La condition d'adhésion : l'entreprise doit exister depuis au moins trois à quatre ans, gage de stabilité au-delà du stade de la start-up. L'intelligence artificielle apportera aussi son soutien. Il y a cinq ans, se déplacer au Japon devenait impossible sans traducteur. Aujourd'hui, avec un téléphone, la traduction se fait instantanément. La vie au sein des fédérations multilingues deviendra beaucoup plus aisée.

« La FJD reste apolitique, donc nous portons une vision à travers les générations. »

Comment voyez-vous l'évolution de la FJD dans les cinq prochaines années ?

La politique et la société foncent dans un mur. Le Luxembourg fonce dans un mur, l'Europe fonce dans un mur. Le système démocratique se retrouve désormais dirigé par les administrations, et les entreprises subissent une charge administrative excessive. Les PME représentent 98 % des entreprises européennes et environ la moitié de l'emploi, pourtant elles se voient ralenties par des rapports numériques empilés sur des rapports numériques. Nous devons rendre liberté et responsabilité aux entrepreneurs. La FJD reste apolitique, donc nous portons une vision à travers les générations et rappelons aux responsables politiques et économiques les enjeux de long terme. En Asie, les dirigeants pensent à 20 ou 50 ans. Ici, l'horizon s'arrête souvent à la prochaine élection. Notre rôle consiste à apporter cette vue plus longue. Les cinq prochaines années consisteront à travailler plus fortement ensemble, à nous ouvrir aux dirigeants non luxembourgeois et à devenir la FJD du pays, non d'une seule communauté. Le Luxembourg affronte aujourd'hui trois grands enjeux : logement, mobilité et investissements en actifs. Nous devons rester attractifs pour les talents étrangers, garder une posture positive et accepter le changement pour rester nous-mêmes.

ANDY

andyaluxembourg.com
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