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Andy 15 ans
Pranjul Shah (Université du Luxembourg) : Naissance d'un incubateur
Pranjul Shah occupe le poste de responsable de l'incubateur de l'Université du Luxembourg. Il met en exergue le talent entrepreneurial et les opportunités cachées derrière les murs de l’institution. Complétés par un mentoring de haut niveau, ces atouts transforment les étudiants en entrepreneurs aptes à stimuler l’économie du Luxembourg, mais aussi à se distinguer dans le monde entier.
Dans quel contexte l’incubateur et le programme ont-ils vu le jour ?
Les missions initiales de l'Université du Luxembourg consistaient à promouvoir l'éducation et à mener des recherches exceptionnelles. Cela lui a permis de figurer parmi les 200 premières au classement mondial. Une nouvelle finalité a émergé avec l'inauguration de l'incubateur en 2017. Les étudiants allaient tous recevoir leur formation de base et, dès leur premier emploi, devaient pouvoir se distinguer au moyen d'un ensemble de compétences développées pour eux à l'université. Nous voulions qu’ils identifient ce qui allait leur permettre de briller et de progresser dans leur carrière. Mais nous désirions également leur donner un aperçu de la manière dont ils peuvent apporter un changement social et rendre service à la société. Grâce à cette méthode, l'université peut jouer un rôle beaucoup plus important dans l'écosystème économique du Luxembourg.
« Grâce à cette méthode, l'université peut jouer un rôle beaucoup plus important dans l'écosystème des entreprises du Luxembourg »
Comment détectez-vous les entrepreneurs ?
Nous avons hérité d'un bâtiment universitaire voué à la démolition. Nous l'avons rempli d'esprits brillants et d'idées. De ce cocktail, mixé avec de l'énergie et de la créativité, peuvent naître de grands projets entrepreneuriaux. Plus de 2200 élèves venus de différents secteurs de l'Uni se sont réunis pour concevoir des propositions, identifier des problèmes, exercer leur curiosité et leur imagination, et façonner l'avenir des entreprises issues de ce programme. Nous avons élaboré un cursus unique à trois piliers. Tout le monde n’a pas vocation d’entrepreneur, mais ceux en possédant la capacité doivent recevoir l’impulsion. Nous faisons suivre aux étudiants un programme de 72 heures leur permettant de se mettre dans la peau d'un entrepreneur. La plupart d'entre eux s'aperçoivent que cette voie n'est pas pour eux. Avec les 10 % restants, nous commençons par recueillir leurs idées, pour les transformer en plans d’affaires réalisables.
Qu’appelez-vous votre "sauce secrète" ?
Lorsqu’ils se trouvent prêts, nos entrepreneurs ne doivent pas affronter le monde sans une couche de finition adéquate. Nous leur présentons une série de mentors, comme le directeur du centre d'entrepreneuriat du MIT. Nos réalisations n’auraient pas abouti sans cette "sauce secrète" : le soutien venu de l'écosystème par plus de 250 tuteurs investis dans la formation et l’accompagnement. Le mentorat permet aux apprenants d'aller au-delà du programme d'études général. Par exemple, un ingénieur diplômé peut se retrouver à négocier des contrats dans son premier emploi ; il a donc besoin de maîtriser les aspects juridiques. De même, un chef de projet devra connaître la comptabilité, mais elle n’a pas été enseignée à l'université. Avec nos programmes de mentorat, nous leur offrons un petit univers au sein de l'Uni où ils peuvent acquérir les compétences idoines pour lancer leur première entreprise.
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